À Pépa

Pépa, quand la nuit est venue, Que ta mère t'a dit adieu ; Que sous ta lampe, à demie nue, Tu t'inclines pour prier Dieu ;
A cette heure où l'âme inquiète Se livre au conseil de la nuit ; Au moment d'ôter ta Et de regarder sous ton lit ;
Quand le sommeil sur ta famille Autour de toi s'est répandu ; O Pépita, charmante fille, Mon amour, à quoi penses-tu ?
Qui sait ? Peut-être à l'héroïne De quelque infortuné roman ; A tout ce que l'espoir devine Et la réalité dément ;
Peut-être à ces grandes montagnes Qui n'accouchent que de souris ; A des amoureux en Espagne, A des bonbons, à des maris ;
Peut-être aux tendres confidences D'un coeur naïf comme le tien ; A ta robe, aux airs que tu danses ; Peut-être à moi, peut-être à rien.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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