Le laboureur

Mars préside aux travaux de la jeune saison ; À peine l'aube errante au bord de l'horizon Teinte de pâle argent la mare solitaire, Le laboureur, fidèle ouvrier de la terre, Penché sur la charrue, ouvre d'un profond Le sein toujours blessé, le sein toujours fécond. Sous l'inflexible joug qu'un cuir noue à leurs cornes, Les bœufs à l'œil sanglant vont, stupides et mornes, Balançant leurs fronts lourds sur un rythme pareil. Le soc coupe la et reluit au soleil, Et dans le sol antique ouvert jusqu'aux entrailles Creuse le lit profond des futures semailles... Le champ finit ici près du fossé bourbeux ; Le laboureur s'arrête, et dételant ses bœufs, Un instant immobile et reprenant haleine, Respire le vent fort qui souffle sur la plaine ; Puis, sans hâte, touchant ses bœufs de l', Il repart, jusqu'au soir, pour un autre sillon.

Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire

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