La coupe
Au temps des Immortels, fils de la vie en fête,
Où la Lyre élevait les assises des tours,
Un artisan sacré modela mes contours
Sur le sein d'une vierge, entre ses sœurs parfaite,
Des siècles je régnai, splendide et satisfaite,
Et les yeux m'adoraient... Quand, vers la fin des jours,
De mes félicités le sort rompit le cours,
Et je fus emportée au vent de la défaite.
Vieille à présent, je vis ; mais, fixe en mon destin,
Je vis, toujours debout sur un socle hautain,
Dans l'empyrée, où l'Art divin me transfigure.
Je suis la Coupe d'or, fille du temps païen ;
Et depuis deux mille ans je garde, à jamais pure,
L'incorruptible orgueil de ne servir à rien.
Les mots et tournures soulignés sont expliqués : survolez-les ou touchez-les. Voir le glossaire
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