Rémy Belleau
Rémy Belleau (1528–1577) est un poète français de la Pléiade, né à Nogent le Rotrou. Arrivé jeune à Paris comme précepteur de Charles de Lorraine, il réside jusqu’à sa mort à l’hôtel de Guise. Ami fidèle de Ronsard, avec qui il partage un même idéal poétique, il est décrit par ses contemporains comme un esprit aimable et mesuré, plus séduisant que démonstratif.
Traducteur remarquable d’Anacréon, il publie en 1556 ses Odes, saluées pour leur fidélité au grec. Sa voix personnelle s’affirme avec La Bergerie en 1565, recueil pastoral nourri de souvenirs champêtres et d’une sensibilité délicate. Poète discret et orfèvre du vers, il laisse une œuvre élégante et raffinée, admirée par ses pairs qui lui rendent hommage collectivement à sa mort.
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AvrilAvril, l'honneur et des bois Et des mois, Avril, la douce espérance Des fruits qui sous le coton Du bouton Nourrissent leur jeune enfance ; Avril, l'honneur des prés verts, Jaune, pers, Qui d'une…
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ChansonFaites-vous la sourde, Macée ? Voyez Combaut qui vient à vous, Pour ravoir ce que votre œil doux Lui a tiré de sa pensée. Vous l'avez, et lui ne l'a plus, Voyez sa couleur jaune et fade, Et tout le…
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Douce et belle boucheletteAinsi, ma douce guerrière Mon cœur, mon tout, ma lumière, Vivons ensemble, vivons Et suivons Les doux sentiers de la jeunesse : Aussi bien une vieillesse Nous menace sur le port, Qui, toute courbe et…
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Embrasse-moi, mon cœurEmbrasse-moi, mon cœur, baise-moi, je t'en prie, Presse-moi, serre-moi ! À ce coup je me meurs ! Mais ne me laisse pas en ces douces chaleurs : Car c'est à cette fois que je te perds, ma vie. Mon…
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Ha pensers trop pensésHa pensers trop pensés, donnez quelque repos Quelque trêve à mon âme, et d'espérances vaines Favorisez au moins mes emprises hautaines, Et me faites changer quelquefois de propos ! Vous sucez à longs…
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Je me suis affranchi de prisonOù me tenait cruellement en ferre L'enfant Amour, je vais libre sur terre Sauvé des flots, et repris ma raison : J'ai de mes yeux étranglé le poison Glissant au cœur qui le tue et l'enferre, J'ai…
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La chastetéIl faisait jour, et la chaleur ardente, Brûlait le sein de la terre béante, Et les Bergers à l'ombre des ormeaux Avaient ensemble amassé leurs troupeaux : Quand j'avisais par l'épaisse feuillée Une…
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La douceur d'un amoureuxJe ne voie rien qui ne me refigure Ce front, cet œil, ce cheveu jaunissant, Et ce tétin en bouton finissant, Bouton de rose encor en sa verdure. Son beau sourcil est la juste vouture (*) D'un arc…
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La nuitÔ douce Nuit, ô Nuit plus amoureuse, Plus claire et belle, et à moi plus heureuse, Que le beau jour, et plus chère cent fois, D'autant que moins, ô Nuit, je t'espérois. Et vous, du ciel étoiles bien…
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Le désirCeluy n'est pas heureux qui n'a ce qu'il desire, Mais bien-heureux celuy qui ne desire pas Ce qu'il n'a point : l'un sert de gracieux appas Pour le contentement, et l'autre est un martyre. Desirer…
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Les beautés que j'adoreCent fois le jour je rebaise la main, Folâtrement qui dedans l'eau glissante Toucha de près ta cuisse blanchissante, Ton pied mignard, ta grève et ton beau sein. Cent et cent fois je prie Dieu, mais…
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Le ver luisant de nuitxx Jamais ne se puisse lasser Ma Muse de chanter la gloire D'un Ver petit, dont la mémoire Jamais ne se puisse effacer : D'un Ver petit, d'un Ver luisant, D'un Ver sous la noire carrière Du ciel, qui…
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L'ombreÉtant au frais de l'ombrage De cet ormeau refrisé Sur les plis de son feuillage, D'un beau sep favorisé, D'un beau sep qui l'entortille, Et qui de grâce gentille A son tige éternisé : Et prenant…
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MaiPendant que ce mois renouvelle D'une course perpétuelle La vieillesse et le tour des ans : Pendant que la tendre jeunesse Du ciel remet en allégresse Les hommes, la terre, et le temps. Pendant que…
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Si tu veux que je meureSi tu veux que je meure entre tes bras, m'amie, Trousse l'escarlatin (*) de ton beau pelisson (*) Puis me baise et me presse, et nous entrelaçons Comme, autour des ormeaux, le lierre se plie. Dégrafe…