Ondine Valmore
Ondine Valmore (1821–1853) est une poétesse française née à Lyon, fille de Marceline Desbordes-Valmore. Enfant précoce, douée pour les langues et la littérature, elle mène une vie marquée très tôt par la maladie : atteinte de troubles pulmonaires puis de la tuberculose, elle connaît de longs séjours en sanatorium et meurt à 31 ans à Passy.
D’un tempérament indépendant et sensible, Ondine publie quelques courts recueils de poèmes et de contes. Son écriture, traversée par la conscience aiguë de la mort, fait dialoguer l’automne et l’hiver avec une célébration paradoxale de la joie fragile et des instants à saisir. Discrète et brève, son œuvre porte l’empreinte poignante d’une vie vécue sous la menace constante de la disparition.
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A JacquesDurant les longs étés, quand la terre altérée Semble se soulever, blanchie et déchirée, Pour chercher vainement un souffle de fraîcheur Qui soulage en passant son inquiète ardeur; Quand la moisson…
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Adieu à l’enfanceAdieu mes jours enfants, paradis éphémère ! Fleur que brûle déjà le regard du soleil, Source dormeuse où rit une douce chimère, Adieu ! L’aurore fuit. C’est l’instant du réveil ! J’ai cherché…
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AutomneVois ce fruit, chaque jour plus tiède et plus vermeil, Se gonfler doucement aux regards du soleil ! Sa sève, à chaque instant plus riche et plus féconde, L’emplit, on le dirait, de volupté profonde.…
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La roseA Monsieur Sainte-Beuve Quand nous respirons cette rose Au front pâle, au souffle embaumé, Tu nous dis qu’en son sein repose Un vers enfermé. Tu la saisis et tu la cueilles, Fouillant dans son calice…
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Larme secrèteQuand on vint devant lui raconter la nouvelle De la touchante mort d’une si jeune belle, Il voulut tout savoir. Et chacun fut surpris De le voir calme encor, lorsqu’il eut tout appris ! Puis il parla…
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Quand du printemps…Quand du printemps la feuille verte S’essaie à parer les rameaux, Quand du sein de la terre ouverte S’élèvent les arbres nouveaux, Quand tout sourit, quand tout s’éclaire, Quand l’astre tiède et…
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MèreC’est l’hiver et le noir décembre Gémit dans le bois attristé ; A la fenêtre de ta chambre Pend un vieux pampre dévasté; La bise qui gronde à ta porte Siffle autour de ton front charmant ; Sans…
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MoritureRegarde ! avec amour la terre se couronne ; Sous les vents attiédis son front rêve et frissonne ; L’herbe rajeunissante habille le rocher Où les nids amoureux vont déjà se cacher. Regarde ! à flots…
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La voixLa neige au loin couvre la terre nue ; Les bois déserts étendent vers la nue Leurs grands rameaux qui, noirs et séparés, D’aucune feuille encor ne sont parés ; La sève dort et le bourgeon sans force…