Pauvre petit oiseau des champs,
Qui voltiges, vive et coquette,
Et qui siffles tes jolis chants ;
Qui tournes autour du troupeau.
Par les prés sautille, sautille,
Et mire-toi dans le ruisseau !
Vas, dans tes gracieux caprices,
Becqueter la pointe des fleurs,
Ou poursuivre, au pied des génisses,
Les mouches aux vives couleurs.
Reprends tes jeux, bergeronnette,
Nargue l'épervier qui te guette !
Je suis là pour te protéger ;
Si haut qu'il soit, je puis l'abattre...
Petit oiseau, chante !... et demain,
Quand je marcherai, viens t'ébattre,
Près de moi, le long du chemin.
C'est ton doux chant qui me console,
Je n'ai point d'autre ami que toi !